Mon travail dans les institutions petite enfance

“Tu évoques dans un article paru en 2018, l’importance de la collaboration interprofessionnelle, ainsi que le partage des observations et des responsabilités entre les équipes éducatives et les parents, lorsque tu travailles dans les institutions petite enfance. Je me demande justement comment vous prenez –ou non- en considération les « situations familiales » des enfants lors des observations?”


Travailler en partenariat avec les familles demande à ce que les équipes et moi-même, tenions compte des observations des parents (celles que les parents nous transmettent bien sûr, car ce sont les parents qui renseignent les équipes). Mais nous devons également tenir compte des informations qui ont fait l’objet d’une négociation entre chaque famille et l’institution, car si certaines priorités sont fixées par les parents, d’autres sont fixées par les équipes qui doivent chaque année définir le projet pédagogique des groupes dont elles sont responsables.

enfants-crèche-peinture-anker
19 ème siècle, une peinture d’Anker, les enfants à la crèche

En ce qui concerne les priorités fixées par les familles, prenons l’exemple des repas. Lorsque des parents souhaitent que l’enfant mange végétarien tous les jours, l’enfant va manger végétarien à la crèche aussi. Même si les équipes pensent qu’il serait préférable que tous les enfants reçoivent un seul et même menu, le principe de coéducation, tel qu’il a été décrit par Didier Favre, lorsque du colloque Petite Enfance (2013) prévaut. Ce n’est donc pas seulement un principe; à la crèche, le principe de coéducation est une réalité quotidienne.

A partir du moment où chaque famille peut faire valoir une demande spécifique, par exemple en ce qui concerne la durée des siestes souhaitée par les parents ou l’âge “idéal” de l’acquisition de la propreté, il faut savoir que les équipes doivent vont devoir discuter avec les familles, des différentes options qui s’offrent à elles. Non seulement en respectant ce principe de coéducation, mais aussi le principe de proximité et d’inclusion.

Travailler dans la petite enfance demande à ce que chacun prenne le temps d’échanger avec les autres à propos des observations actualisées ( et pour cela il faut pouvoir en faire régulièrement). La collaboration interprofessionnelle et le travail avec les parents demande beaucoup de compétences, comme savoir faire preuve de patience et de diplomatie, d’une grande ouverture d’esprit, au vue de la diversité des situations familiales.

Accueillir des enfants dès l’âge de 4 mois chaque jours, jusqu’à qu’ils puissent intégrer l’école obligatoire est une responsabilité collective, qui tient compte de la situation individuelle de chaque famille et de la diversité des points de vue qui existe à l’intérieur des équipes ou entre les intervenants (internes et externes). Ce qui “me” demande passablement de souplesse et une mémoire “impressionnante” si je veux me souvenir de “tout” ce qui m’est communiqué, car je travaille avec cinq groupes différents pendants l’année. Mais c’est justement pour cela que j’aime beaucoup le travail de prévention prévenante que je peux faire avec les équipes.

Tu évoquais deux principes: le principe de coéducation et le principe de proximité et d’inclusion, alors comment définir ce deuxième principe ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *